ARTICLE 21


UN PETIT APERCU POUR UNE EDUCATION SANS VIOLENCE


Je me suis moimême peu documentée à ce sujet pour le moment, car pour moi cela va de soi que les claques et les fessées sont à proscrire, et que les punitions et récompenses ne sont pas des solutions. J'ai envie d'agir dans ce sens, et d'essayer de stopper mes "automatismes" quant à l'autorité sur les enfants, car ça ne me convient pas (mais j'en conviens que c'est difficile de se déformater! et c'est pour cela que des fois l'aide est bienvenue!)
Ceci n'est pas là pour influencer qui que ce soit, mais pour faire voir qu'il y a aussi d'autres manières d'éduquer les enfants, que celle présentée par la majorité comme étant la meilleure!

copié du site http://www.niclaquesnifessees.org

"Comment agissent les claques et fessées?

Elles détériorent la relation de l’enfant avec son parent

surtout si les tapes sont précoces, car nous venons de voir que l’enfant ne peut pas comprendre ce genre de relation avant 2 ans1/2 ou 3 ans. La confiance si nécessaire dans le bon rapport éducatif disparaît, rendant plus difficile pour le parent tout exercice futur de l’autorité, qui risque de ne pouvoir s’établir que dans l’escalade de la violence. Les fessées prennent la place des autres modes de relation qui fonctionnent sur le plaisir de faire plaisir, la joie de comprendre, de grandir, d’échanger et d’acquérir l’estime de l’autre.

Elles cassent l’image que l’enfant à de lui-même.

L’enfant pense que si on le frappe c’est qu’il est mauvais, qu’il ne vaut rien, ce qui rendra difficile sa relation future aux autres, favorisant ainsi des tendances à la dépression, ou bien une surcompensation avec des attitudes mégalomaniaques. À l’âge adulte, le rapport avec les personnes ayant autorité sera très difficile, soit de soumission excessive, soit de révolte, de rébellion permanente et de refus systématique de toute autorité.

Elles détruisent la sensibilité

et les aptitudes à la compassion envers les autres et envers soi-même. Les enfants battus font souvent mal aux animaux ou à leurs proches sans en éprouver de gène ni de remords, parce qu’ils ont dû trop fréquemment bloquer leurs propres émotions lorsqu’eux-mêmes étaient en état de souffrance.

Elles donnent l’exemple de la violence qui prend la place de la parole.

L’enfant reproduira ce modèle chaque fois qu’il se trouvera en situation de conflit avec des plus faibles que lui, comme lui par rapport à ses parents. Il frappera ses jeunes copains, les filles et plus tard sa femme. Le parent qui bat est d’ailleurs celui qui ne sait pas imposer de limite à sa colère, à sa violence. C’est ce modèle qu’il a probablement reçu et qu’il transmet à son tour. Certaines familles utilisent avec bonheur le «coussin de colère» sur lequel on va taper lorsqu’on sent une grosse colère monter, que l’on soit enfant ou parent. Une fois la violence physique déversée, un dialogue peut plus facilement s’instaurer.

Elles interdisent l’expression des sentiments

que l’enfant ressentait lorsqu’il a manifesté un comportement qui paraît inacceptable (colère, jalousie, désir de vengeance…). Ces sentiments, figés par les coups, seront alors refoulés, mais ressortirons forcément un jour ou l’autre sous une forme explosive. Plus l’enfant aura été frappé, donc humilié, et plus il cherchera à frapper et humilier les autres, en oubliant complètement pourquoi il a en lui ce besoin qu’il ne reconnaîtra pas comme tel, mais qui le poussera à s’intégrer dans des mouvements où la violence et la haine peuvent s’exprimer.

L’adolescent se trouvera ainsi entraîné à adhérer à des organisations dont le but inavoué est de pouvoir se libérer un jour sur des boucs émissaires de cette violence anciennement subie: combats de quartier ou de boxe, mais aussi intégration de groupements extrémistes et violents, dont l’objectif est d’agresser des groupes sociaux ou ethniques, boucs émissaires sur lesquels la haine accumulée pourra être projetée dans l’impunité.

Gunter Grass, prix Nobel, raconte comment, petit gamin porté sur les épaules de son père lors d’un meeting où Liebknecht tenait un discours violemment antimilitariste, il eut très peur, ce qui déclencha une envie urgente d’uriner… Mais son père n’entendit pas ses demandes répétées… et se retrouva inondé! Il flanqua alors à l’enfant une «raclée magistrale qu’il a sentie longtemps». Gunter écrira plus tard «c’est à cause de cela, uniquement, que lorsque la guerre a éclaté, j’ai couru au bureau de recrutement pour m’engager» (35).

Elles peuvent générer un «syndrome de Stockholm»

c’est à dire une identification à l’agresseur. Car plus un enfant est battu «pour son bien et parce qu’on l’aime» et plus il devient asservi à ses bourreaux qu’il idéalise et dont il a par la suite beaucoup de mal à se séparer. Bowlby a bien montré qu’avant 3 ans, plus l’enfant est puni, et plus il s’attache (36). Mais ce faisant, il perd contact avec la réalité, vit dans ses fantasmes de violence qui, un jour ou l’autre, l’amèneront à son tour à des actes violents, puisque lorsqu’on aime, on frappe. Mais resté très fortement attaché à ses parents, il sera incapable de faire le lien entre la violence de leur éducation et la violence qu’il véhicule lui-même comme adulte, la revendiquant alors comme nécessaire pour toutes sortes de mauvaises raisons.

Un travail de l’OMS de 2001 montre que les jeunes des États Unis sont beaucoup plus d’accord que les jeunes Européens sur les assertions suivantes «La guerre est nécessaire» — «On a le droit de tuer pour défendre ses biens» — «Les punitions corporelles sont nécessaires aux enfants» (37).

Elles bloquent les apprentissages

qui se font par des successions d’essais – erreurs – corrections. Si la correction des erreurs ne se fait pas par un réajustement en rapport avec l’erreur, mais par des «corrections physiques» qui n’ont rien à voir et qui provoquent stress et angoisse, l’auteur des erreurs abandonnera peu à peu tout essai et sera inhibé devant les apprentissages. La scolarité, entre autre, risque d’en pâtir lourdement.

Elles favorisent les accidents

parce qu’elles bloquent les mécanismes naturels de défense contre les agressions que sont la fuite ou la protection de soi, interdites devant les coups parentaux. L’enfant battu assez fréquemment, habitué à bloquer ses réactions automatiques de protection devant un danger, sera conditionné de cette façon et restera sidéré devant toute situation inquiétante, comme il l’était devant les claques ou fessées, au lieu de réagir rapidement pour sa protection.

Elles génèrent des maladies psychosomatiques

parce que, lorsqu’un individu a peur, il secrète des hormones dites «hormones du stress». Elles ont pour rôle de mettre en route immédiatement les métabolismes qui vont permettre une activité musculaire intense pour fuir ou combattre. Ces hormones du stress, si elles ne sont pas utilisées au niveau musculaire de la défense ou de la fuite, vont s’accumuler et se déverser sur d’autres organes que les muscles: cœur, vaisseaux, tube digestif, peau,etc., que ces afflux brutaux d’hormones vont peu à peu léser.

Nous sentons bien, quand nous sommes stressés, c’est-à-dire que nous avons peur de quelque chose que nous ne pouvons pas maîtriser, que notre cœur bat plus vite, que notre ventre gargouille, que notre peau transpire, que notre organisme entre en révolution. Le bébé qui reçoit une «petite tape» sur la main (ce qui, pour lui, est déjà une agression notable puisque donnée sur la partie la plus riche en nerfs sensitifs de l’individu), ou l’enfant plus grand qui prend une fessée, vit chaque fois cette mise en émoi de tout son corps: ce n’est pas seulement la main ou la fesse qui souffre, c’est tout l’organisme.

Une souris placée dans une cage reçoit une petite décharge électrique. Elle fait une poussée de tension. Si on répète souvent ce stress, l’hypertension va devenir permanente, même si l’on n’envoie plus de décharge électrique.

Mais si, lorsque la souris reçoit la décharge, elle peut se sauver dans une autre cage, elle ne fait pas d’hypertension.

Ou si, lorsque la souris reçoit la décharge, elle n’est pas seule et peut donner une bonne peignée à sa copine (la croyant sans doute responsable), elle ne fait pas d’hypertension. Elle ne fait donc d’hypertension que si elle ne peut ni fuir ni se défendre, comme l’enfant qui est battu par une personne ayant autorité!

Rien ne mérite claques ou fessées

Un chercheur a fait établir par un grand nombre de parents américains la liste des faits qu’ils punissaient de coups. Il a eu la surprise de découvrir que les faits reprochés aux enfants diffèrent d’une famille à l’autre, mais aussi d’un parent à l’autre (38). Chacun de nous a d’ailleurs pu observer que l’on tolère certains jours des faits qui nous paraissent insupportables dans d’autres circonstances ou devant d’autres personnes.

Il est très amusant d’écrire sur une feuille de papier la liste des comportements de notre enfant qui nous ont irrité suffisamment pour que l’envie nous soit venue de le corriger. Et puis de faire le même petit travail par rapport à d’autres membres de notre entourage, le conjoint, la belle-mère, le copain, la voisine… On découvre alors avec stupéfaction que ce sont souvent les mêmes problèmes qui se manifestent, mais qui sont résolus différemment suivant qu’ils sont posés par l’enfant ou par l’adulte.

Pourquoi les parents battent-ils?

Bruno est tout excité par la victoire qu’il vient de remporter à son club sportif. Il fait des mouvements un peu brusques à table et renverse le verre de vin rouge de son père… qui lui retourne illico une bonne baffe «ça fait un moment que j’attendais ça, ça devait arriver à force de t’agiter comme ça!».

Quelques jours après, le bon copain du père est invité à dîner. Il détaille avec véhémence les performances de sa nouvelle voiture et, dans un geste trop large, il fait tomber le verre de vin rouge du papa…» «ce n’est rien,» dit celui-ci, «Bruno, va chercher l’éponge». Bruno explose… Il prend alors une bonne baffe, parce que Bruno ne fait que des bêtises alors que le copain n’a fait qu’une maladresse.

Beaucoup de parents ne sont pas instruits des possibilités de leur enfant en fonction de son âge. Ils auront alors des exigences que l’enfant sera incapable de satisfaire. Un chercheur interrogeant des pères découvrait que certains d’entre eux donnaient des punitions corporelles dès l’âge de 3 mois pour améliorer des comportements qui manifestement ne peuvent absolument pas l’être à cet âge (39).

Des recherches ont précisé par ailleurs que les parents les plus déprimés, fatigués, stressés étaient les plus grands distributeurs de fessées (2). L’enfant est donc beaucoup plus souvent puni en fonction des difficultés que vivent ses parents qu’en fonction de ce qu’il fait ou ne fait pas.

Beaucoup de parents évoquent l’état d’urgence pour justifier la fessée: «il allait traverser la rue, elle allait mettre le doigt dans la prise de courant…». Y a-t-il action plus rapide et plus efficace dans ce contexte que d’attraper l’enfant à bras le corps pour l’éloigner du danger? Ce n’est qu’ensuite que la fessée tombe, qui n’a plus aucun effet protecteur, qui n’a pas d’effet d’apprentissage comme nous l’avons déjà vu, mais qui soulage le parent de sa grande peur… et de son sentiment de culpabilité de n’avoir pas surveillé l’enfant d’assez près. Alors qu’une explication précise du danger, en demandant à l’enfant de répéter plusieurs fois des mots simples «rue, auto, boum» ont beaucoup plus de chance d’être efficaces.

Quant aux parents qui se plaignent que leur enfant cherche la fessée, ils sont nombreux, mais ne se retrouvent que parmi ceux qui utilisent habituellement la fessée. On peut penser qu’un enfant qui a un problème qu’il cerne mal, qui le met en état de doute sur son comportement, pense qu’il peut être taper. Dès que cette idée lui a traversé l’esprit, il entre dans un état d’angoisse. La meilleure façon qu’il trouve alors pour faire cesser cette angoisse, c’est de faire tomber la tape, parce qu’ensuite le calme revient pour tout le monde. Mais si une demande d’explication était advenue, sur le mode que nous allons voir plus loin de l’écoute active, la situation aurait pu évoluer différemment.

Beaucoup des conflits qui éclatent entre parents et enfants sont dus à des conflits de désirs ou de tempérament (il a très envie de continuer à jouer avec son nouveau jeu alors que vous voulez qu’il se prépare pour aller chez le grand père, il fait très lentement ce que vous voudriez qu’il fasse vite parce que vous êtes pressé…). Et c’est là toute la difficulté de la vie en famille et en société: nous avons à chaque instant des désirs qui ne coïncident que rarement avec le désir de la personne avec laquelle nous sommes, et même si nos désirs se ressemblent, nos tempéraments qui diffèrent vont nous entraîner à des modes de satisfaction différents. Il est indispensable d’apprendre soi-même, pour l’apprendre à l’enfant, comment faire évoluer sans violence physique ou psychologique les conflits qui font notre quotidien normal.

Mais les oppositions entre adultes et enfants ont ceci de particulier que l’enfant est sous la dépendance de l’adulte et certains pensent que de ce fait, c’est forcément lui qui doit se soumettre au désir de l’adulte. Il s’agit de «faire obéir» l’enfant. Or les travaux effectués sur ce critère d’obéissance montrent que s’il s’agit d’obéissance immédiate, la fessée est efficace.

Mais nous avons vu qu’elle n’a pas d’efficacité à long terme et qui plus est, que les enfants élevés avec des fessées sont plus agressifs et ont un taux de moralisation et de bonne santé mentale moindre que les enfants élevés sans fessée. Le petit bénéfice immédiat n’est vraiment pas intéressant. Nous allons voir plus loin comment on peut se sortir autrement d’une situation conflictuelle.

Les cultures auxquelles appartiennent les parents vont aussi jouer un rôle dans la détermination de leurs exigences. Pour certaines familles, le manque de respect est la cause principale des bonnes gifles. Mais un enfant que l’on bat est-il un enfant que l’on respecte? Comment peut-il montrer un respect qu’on ne lui a pas donné en exemple? Devant une insolence, il est évident qu’il faut commencer par dire fermement: «je ne peux pas accepter cette façon de me parler», mais on peut ajouter: «excuse-toi d’abord, mais si tu as quelque chose de difficile à dire qui te fait dépasser les bornes, parlons-en, je t’écoute». Mais il ne pourra parler «vrai» que s’il ne risque pas de prendre une bonne paire de gifles!

On entend aussi très souvent dire «de mon temps on donnait de bonnes fessées et on ne s’en portait pas plus mal». Ces parents savent-ils comment ils se seraient portés s’ils n’avaient pas été battus? On sait bien maintenant que les parents qui utilisent le plus abondamment la fessée se défoulent en fait, bien qu’inconsciemment, de la colère qu’ils ont dû longtemps refouler sous les coups qu’ils ont eux-mêmes reçus lorsqu’ils étaient enfants.

Portons un autre regard sur l’enfant. Aucun enfant ne naît méchant, agressif, diabolique, chargé d’un péché originel ou pervers polymorphe.

Et ceux qui revendiquent l’usage de la fessée oublient de dire qu’avant, on lavait le linge au lavoir, on allait chercher l’eau au puits, on roulait en voiture à cheval, on n’avait ni congés payés ni sécurité sociale… Et la médecine se résumait au clystère et à la saignée. Veulent-ils vraiment, ces parents là, revenir à des temps plus anciens? Pourquoi leurs enfants ne bénéficieraient-ils pas des progrès des connaissances comme eux-mêmes sont heureux d’en profiter? Comme le lavoir municipal,

La fessée, c’est dépassé!

Et puis, s’ils veulent bien tenter d’approfondir leur réflexion, ces parents-là pensent-ils au fond d’eux-mêmes qu’ils «méritaient» vraiment les fessées qu’ils ont reçues? La plupart du temps, les personnes qui disent avoir été battues parce qu’elles le méritaient ne se rappellent plus pourquoi elles le méritaient, mais se souviennent qu’on leur disait qu’elles étaient «méchantes», «infernales», «intenables»… et elles en sont restées persuadées. Elles étaient sans doute tout simplement des enfants avec des comportements d’enfants, mais rendus plus agressifs et plus instables par une éducation ou la fessée avait trop souvent remplacé l’écoute.

Les parents qui battent sont-ils satisfaits?

Les parents qui utilisent la fessée n’en sont pas forcément satisfaits. Dans un grand groupe de parents interviewés, 85% de ceux qui utilisaient la fessée étaient prêts à l’abandonner si on leur apprenait de meilleures alternatives (2). Ils reconnaissaient que les fessées n’avaient d’efficacité qu’à très court terme et ne modifiaient pas le comportement de l’enfant à plus long terme.

L’enquête réalisée en France par la SOFRES en 1999 pour «Éduquer sans frapper» montrait que près de la moitié des parents qui utilisaient la fessée pensaient que les châtiments corporels avaient des conséquences négatives «sur le développement de la force de caractère, sur le sens des responsabilités, sur le travail scolaire, et sur l’aptitude à entrer dans la société». Que reste-t-il de vraiment important sur quoi les fessées seraient censées agir?

Beaucoup de parents ont d’ailleurs au fond d’eux-mêmes le sentiment que fesser n’est pas satisfaisant. Les connaissances acquises récemment vont conforter leur sentiment, les aider à évoluer et leur permettre de trouver de meilleures solutions à leurs problèmes éducatifs.

Comment éduque-t-on les animaux?

Que dire de l’éducation de ces bêtes que nous voyons exécuter sur les pistes de cirque ou dans divers compétitions de véritables prodiges d’adresse? Comment a-t-on pu les éduquer à de telles performances? Sont-elles battues? Surtout pas. Le vieux système gratification - punition est complètement abandonné. Les maîtres du cirque, tels Bartabas ou Gruss, sont unanimes: «il ne s’agit pas de dressage mais d’éducation par la confiance et l’amour».

Alexis Gruss dit avoir supprimé les éperons. Le cheval n’a plus à «obéir» mais fait corps avec son cavalier; il sent les légères modifications de position de la jambe et y répond automatiquement. «C’est plus long, mais plus efficace, dit Gruss. Il faut une grande solidarité entre les femmes, les hommes et les animaux»… «c’est par l’éducation qu’on modifie le comportement».

Le vétérinaire spécialiste du comportement animal Thierry Le Portier s’exprime ainsi: «si on ne peut faire changer le maître, on ne peut faire changer le chien».

Le père et entraîneur d’Alexandra Francard, championne d’équitation, dit à la Télé: «un cheval, pour avoir des résultats, il doit être heureux», «le leit motiv de la relation doit être respect et sensibilité».

Émission Télé «Envoyé spécial du 14.12.00»:

Des chevaux sauvages «Mustang» envahissent les plaines du Colorado. On les capture depuis quelques temps et on les confie au dressage à des prisonniers encadrés qui purgent de longues peines après condamnation pour meurtre. Les prisonniers peuvent ainsi se réhabiliter par l’exécution d’un travail très difficile qui les passionne peu à peu. Ils disent qu’ils comprennent, par la relation qu’ils établissent avec les chevaux, que la violence ne marche pas, mais au contraire l’écoute, la patience, la régularité… et l’amour.

Nos enfants ne mériteraient-ils pas d’être traités aussi bien que les animaux?

Que disent les pédagogues?

Les livres consacrés à l’éducation familiale des enfants sont extrêmement nombreux, mais ce qui est certain, c’est qu’aucun d’eux ne vante les mérites de la punition corporelle. Seuls quelques très rares individus isolés, n’apportant aucune preuve à l’appui de leur conviction, disent qu’ils restent personnellement fidèles à la fessée. Quelques autres se contentent de dire aux parents débordés par des comportements dérangeants qu’ils sont pardonnables de fesser parfois. Mais tous les pédagogues reconnus ont pris position de façon ferme sur le sujet:

Françoise Dolto: «On n’est pas là pour le corps à corps quand on éduque un enfant».

Pr Rufo: «Toutes les punitions corporelles sont à bannir, la gifle ou la fessée doivent être considérées comme une atteinte au corps de l’enfant, comme une humiliation. En le battant, vous le dépossédez de son corps et en disposez avec brutalité. Vous appliquez la loi du plus fort, la pire des injustices».

Laurence Pernoud: «À l’époque où la violence est de plus en plus présente, il n’est plus possible de se comporter de façon violente envers les enfants».

Edwige Antier: «Respectez votre enfant en faisant appel à la confiance et non à la violence».

Guide marabout des Mamans débutantes: «Il est aussi dangereux qu’inutile de frapper les bébés».

Larousse des Parents: «La punition corporelle est à proscrire»

Le problème est donc, plus encore que de convaincre les parents que la fessée est nocive, ce qui devrait être facile, de leur apprendre à se situer autrement par rapport à leurs enfants, afin qu’ils puissent trouver, ou qu’on les aide à trouver, les réponses éducatives aux multiples problèmes que leur posent ces enfants au quotidien.

Mais beaucoup de parents ont déjà été capables, dès lors qu’ils ont pu changer le regard qu’ils portaient sur leurs enfants, de modifier leur style de communication avec eux et de trouver un rapport qui exclue toute attitude violente ou humiliante."

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci pour avoir mis ce texte. C'est important pour l'avenir de nos enfants.

Marie Chris a dit…

Bonjour si toutefois vous repassiez sur ce blog, j'aimerais bien vos coordonnées mail ugo anneso lolo c'est toujours sympa de pouvoir se connaitre?